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Jeudi 24 Juillet 2008
Buenas, buenas...
On vous voit d'ici: "Oh lalalala, mais elles arretent pas de bouger ces deux là...!" Et ben oui, à l'heure où nous vous écrivons, il ne nous reste que 4 jours à vivre au Pérou alors on en profite "al toqué" comme ils disent ici!
Si vous avez suivi notre périple vous devez savoir que nous avons quitté Puno Samedi matin... à bord d'un bus de OUF!! Nous étions au premier étage et aux premières loges car la vitre avant était panoramique. Il nous en faut déjà pas beaucoup pour dégainer nos appareils photos, mais alors là... on en a pris pleins les yeux! De l'altiplano, des lacs, des alpagas, des vigognes, des volcans... notre voisin de droite devait se demander quelle mouche nous avait piquées!
Bref. Après tant de merveilles nous avons dit, comme les Incas l'avait fait avant nous "Ari, Quipay!": OUI, NOUS RESTONS! C'est (soit disant) de cette phrase que la ville tire son nom.
Arequipa est le deuxième plus grande ville du Pérou et elle vit à cent à l'heure! Elle est aussi appelée "Ville Blanche" car la plupart des habitations et des batiments sont construits en "sillar", roche volcanique de couleur.... blanche. Les arequipeños ont pour habitude de dire que la Lune a oublié d'emmener Arequipa quand elle a quitté la Terre. Si c'est pas joli tout ça!
Cette ville typiquement latino-américaine nous a de suite enthousiasmées. Pas seulement parce qu'on y est arrivé le samedi et que "samedi c'est sortie!" Mais aussi parce qu'elle est trépidante dans tous les sens du terme.
Géographiquement d'abord, Arequipa est batie au pied d'un volcan en activité, Le Misti, dont la dernière éruption date de juin 2001. Ici, on sent cette puissance naturelle à 17 km du centre ville et on imagine assez bien la rapidité avec laquelle tout pourrait etre dévasté si le volcan venait à faire des siennes.
L'expansion de la ville est suprenante et hallucinante. Il est complètement fou de voir les barrios remonter sur les flancs du volcan. Pour beaucoup de péruviens, il semble qu'Arequipa soit une Terre promise, où il fait bon vivre, où il y a du travail et moins de délinquance et de pauvreté qu'à Lima. Au jour d'aujourd'hui elle compte 760 000 habitants et siège à 2300m d'altitude.
Idéologiquement aussi Arequipa se distingue de toutes les autres villes du Pérou. Les habitants de la ville sont fiers d'etre arequipeños avant d'etre péruviens. Ils ont toujours été en désaccord avec la capitale et revendiquent leurs différences. Ils détestent tous les limeños! (habitants de Lima)
Comme on l'a dit... samedi c'est.... nous avons donc entamé une "tournée" des bars à 20h et l'avons terminé à minuit, histoire de se meler à l'épicurisme des autoctones.
Dimanche matin, on s'est octroyé une grasse matinée et un petit déj au soleil sur la terrasse de notre hotel. A 11h30, le bus pour le canyon de Colca nous attendait. En avant guingan!
La route traverse un désert rocailleux et passe à plus de 4800m d'altitude (notre record!), avant de replonger sur Chivay, petite ville touristique et sympathique qui marque le début du deuxième plus profond canyon du monde. Le premier se situant à quelques km de là (Cotahuasi).
Etant informées de l'existence de bains chauds naturels dans le coin, nous y avons courru! Un peu déçues à l'arrivée, c'est un bain de touristes que nous avons pris, dans une véritable piscine à l'européenne.
Nous sommes rentrées "le froid dessus" à Chivay et c'est seulement au restaurant autour d'un feu de cheminée et d'un maté que nous avons retrouvé nos couleurs!
Autour de notre feu, nous n'étions pas seules! Nous avons rencontré un guide, Jaime, qui nous a proposé de nous conduire au village suivant Yanque le lendemain matin.... histoire de nous éviter de prendre le bus local de 4h00. Lundi matin, nous avons donc retrouvé Jaime à 5h30 (houhou!!! fraiches) et nous avons embarqué dans son gros 4*4. Il nous a déposé comme prévu à Yanque et là... notre petit ange gardien n'était pas très matinal, lui... on pensait arriver à trouver un transport pour Cruz del Condor mais ... rien! Nous avons attendu dans le froid, le très froid, le gelé, pendant 1h30... A voir tous les cars de touristes de m**** nous passer devant. BREF!
Nous étions bien contentes quand nous avons trouvé un bus et après 1h30 de trajet enfin le mirador du Cruz del Condor!
Nous avons pu admirer la danse des condors, animal mythique des Andes. Certes ce n'est qu'un oiseau, mais alors WAOW! qu'est ce que c'est impressionant. On vous signale que c'est le plus gros volatile au monde qui peut atteindre 2.80m d'envergure. Quand ils nous passaient à 7-8m au dessus de la tête, on en menait pas large! Les condors, c'est la classe!
Cet endroit du canyon est réputé pour présenter des thermiques ascendants le matin et le soir, que les condors empruntent pour monter et monter, sans battre une seule fois de l'aile.
Vers 10h, le défilé était fini et nous avons repris nos sacs à dos et nos jambes direction Cabanaconde. 2 heures de marche sur la route puis sur des sentiers, le long de la faille de plus de 3200m de profondeur par endroits.
Cabanaconde est le dernier village desservi par les bus, c'est donc un point de départ pour de nombreuses randonnées. Nous nous sommes vite installées dans un petit hotel fort rustique et avons piqué un petit roupillon. Avec ce qui nous attendait ce n'était pas de trop!
Nous avons sillonné dans les petites ruelles très calmes de Cabanaconde jusqu'à ce qu'une porte s'ouvre et qu'on nous invite à bras ouverts à prendre part au mariage. A l'intérieur, folle ambiance... Un mariage à la péruvienne, ça dure 3 jours où on mange, où on danse et surtout où on boit! On a échappé à rien et quelques minutes plus tard on était prises dans une folle ronde de Huayno (et oui encore!) un verre de chicha (bière de maïs artisanale, très artisanale!) à la main. Difficile de dire non à ces gens qui veulent tout nous faire partager alors que nous on arrivait les mains vides. Mais la chicha, c'est lourd et dur à digérer pour nos petits estomacs (surtout celui de So).
Depuis notre départ d'Andahuaylas c'était notre seul vrai partage avec des locaux et ça nous a fait un bien... Pas de photos parce qu'on a pas voulu entâcher ce moment unique parmi ces gens non pervertis par le tourisme de masse.
La nuit a été très difficle pour So..... la chicha est pas passée du tout mais alors du tout. Elle est même ressortie! Et du coup la petite ballade prévue pour le lendemain a été annulée. On a profité d'un mirador proche du village pour admirer une dernière fois le canyon et avons repris un bus pour Arequipa.
Jeudi matin, nous sommes parties à la découverte de la "ville derrière le sommet" (en aymara ari- quipa). Première halte au couvent de Santa Catalina... un peu sceptiques au début ( l'entrée était quand même assez chère), nous n'avons pas été déçues du tout.
Ce monastère fut construit en 1580 par une veuve fortunée. Elle sélectionnait soigneusement les nonnes en acceptant que les jeunes filles issues des meilleures familles espagnoles (la dot allait avec).
A Santa Catalina chacune des 450 nonnes disposaient d'une à quatre servantes/esclaves et conservaient un train de vie de la haute sociéte.
Après environ trois siècles, le Pape Pie IX chargea une soeur dominicaine de restaurer la discipline. A compter de cette époque, le monatère s'enveloppa de mystère. Il paraît que les nonnes ne pouvaient même pas se parler entre elles!
En 1970, Le maire d'Arequipa obligea le monatère à se moderniser et l'ouvrit au public.
Aujourd'hui, environ 30 religieuses continuent de mener une vie recluse dans des bâtiments isolés.
Lieu déconcertant et paradis des photographes, il occupe 20 000m2 et forme presque une citadelle au coeur de la ville, une ville dans la ville.
Encore une fois les photos parlent d'elles mêmes: on se serait cru entre le Maroc et l'Andalousie et on a pas regretté ce petit voyage.
En sortant de ce microcosme coloré, il nous fallait de l'air!!! Nous avons pris le chemin des miradors de la ville: Yanahuara et Cayma surnommé "El Balcòn". A Cayma, on est même monté sur le toit de l'église pour pouvoir admirer la vue!
L'après-midi a été dédiée à du shopping... rien de très passionnant donc pour vous!
Ce matin, nous avions décidé d'aller nous émouvoir quelques instants sur la tombe de Juanita, la petite princesse des glaces. Histoire touchante de cette petite fille de 12-13 ans sacrifiée par les Incas, en offrande au volcan Ampato.
En 1992, Miguel Zarate et Johan Reinhard partaient en expédition sur le Nevada Ampato 6310m, profitant des éruptions du volcan voisin le Sabancaya qui avait fait fondre la neige sur le site.
Au sommet du volcan ils ont découvert une tombe vide et une table de sacrifice, très bien conservées. Hasard de l'histoire, un des deux en regardant dans le cratère découvrit une masse suspiscieuse........ (hou suspense)
Il s'agissait en fait de la momie baptisée ultérieurement Juanita qui grâce à une conservation dans le glacier pendant 500 ans était restée quasi intacte. La fonte du glacier occasionnée par l'éruption voisine a permis sa découverte. ( c'est ouf!)
Les Incas ne pratiquaient pas couramment les sacrifices humains. mais pour apaiser les Dieux et éviter les catastrophes naturelles, ils avaient recours à des offrandes d'enfants (uniquement).
Plusieurs momies ont été ainsi retrouvées sur le territoire inca:14 en tout, toutes sur des volcans.
Des études ont permis de déterminer les circonstances de la mort de Juanita: après lui avoir fait boire une liqueur de chicha ( la pauvre elle a du avoir mal à l'estomac!!), elle s'est endormie et le prêtre suprême lui a assené un coup de sceptre sur la tempe droite qui a causé sa mort.
Après avoir récupéré nos billets de bus pour Nazca, nous avons déjeuné au marché et avons refait une après midi shopping "pour toi public!"
... Certaines prennent des photos sympas.... d'autres moins!
Ce soir, bon resto en prespective pour pseudo clotûrer le voyage... puis on essaie de fermer les sacs!!
¡ HASTA LUEGO !
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